Cyber métiers : professeur de code

La digital literacy ‒ l’alphabétisation aux outils numériques et aux technologies de l’information ‒ est devenue indispensable pour mieux comprendre le monde d’aujourd’hui et briguer les postes de demain. L’apprentissage du code, quant à lui, est amené à prendre une part de plus en plus importante dans l’apprentissage tout court. De ce fait, de plus en plus d’hommes et de femmes décident d’enseigner la programmation à un public d’adultes néophytes et d’enfants.

À l’image des 800 coachs Orange qui participent à l’opération #SuperCodeurs organisée par le groupe depuis deux ans. Cet événement international, qui se déroule dans 17 pays au moment de l’EU Code Week (sauf en France), propose aux jeunes de 9 à 13 ans une initiation à la programmation au travers d’ateliers animés par des salariés Orange volontaires. Rien à voir, cependant, avec vos cours d’informatique du collège : ici, on appréhende le code de façon ludique, créative et très concrète.

Nous avons rencontré Grégoire Khatchadourian et Jean-Christophe Jacob, deux « SuperCoachs » expérimentés et passionnés, pour discuter de cette initiative ancrée dans l’air du temps et de l’apprentissage du code en général.

C’est quoi, un coach #SuperCodeurs ?

Grégoire Khatchadourian. Il y a deux types de coachs, ce qui permet d’avoir quelque chose de très dynamique. Jean-Christophe et moi intervenons en tant que coachs leaders, c’est-à-dire que nous animons les ateliers en faisant découvrir aux enfants le logiciel Scratch et les robots qu’ils devront programmer, et en leur présentant les exercices. Ensuite, des coachs un peu moins expérimentés, qui font leurs premiers pas en tant qu’animateurs, vont aider les enfants à résoudre ces exercices.

Jean-Christophe Jacob. Lors des prochains événements qui se dérouleront mi-novembre, nous serons présents dans une trentaine de lieux en France. Cela représente un minimum de trente animateurs leaders et des centaines d’animateurs débutants.

Comment devient-on coach ?

G.K. Il suffit de se présenter ! Les volontaires suivent une formation en deux temps, deux sessions de deux heures, avec un apprentissage de base pour connaître les rudiments de Scratch et un cours de perfectionnement pour savoir faire des choses plus sophistiquées avec le logiciel. En l’espace de quatre heures de formation, vous pouvez devenir coach ; Scratch, ce n’est pas compliqué, pas besoin d’être ingénieur en développement. La preuve, les enfants y arrivent (rires).

J-C. J. En ce qui concerne le passage au statut de coach leader, cela se fait étape par étape, mais ça peut aussi aller très vite. Pour ma part, j’avais participé à deux événements en tant que coach débutant lorsque Grégoire m’a proposé d’encadrer un petit groupe d’animateurs qui venaient pour la première fois. D’atelier en atelier, on m’a donné davantage de responsabilités jusqu’à très récemment où j’ai pris en charge un groupe en totale autonomie lors du salon Viva Tech consacré à l’innovation.

G.K. Ce qui est intéressant pour les collaborateurs Orange qui se portent volontaires, c’est que c’est une excellente acculturation au code. Ils développent des compétences qu’ils pourront utiliser dans leur vie personnelle ou professionnelle. On se fait des copains, aussi. On découvre des collègues en dehors de l’entité dans laquelle on travaille, des collègues dont le métier est différent, c’est vraiment sympa.

Et vous, qu’est-ce qui vous a poussé à participer au programme #SuperCodeurs ?

J-C. J. J’ai vu un appel à volontaires sur l’intranet du groupe. Ça a tout de suite résonné avec mon histoire personnelle puisque je suis entré à Orange en étant étudiant et que c’est Orange qui m’a donné l’opportunité d’apprendre mon métier au travers d’un contrat d’apprentissage. En l’occurrence, j’ai commencé en tant que développeur et je suis aujourd’hui chef de projet. Orange m’a accompagné tout au long de cette évolution. Donc pour moi, c’était naturel de répondre à cet appel à volontaires parce que je sais la chance que j’ai eue. Je me suis dit : « Tiens, c’est une super idée pour susciter des vocations. ». Car pour moi, #SuperCodeurs va plus loin que simplement sensibiliser les enfants au numérique et leur montrer que les jeux auxquels ils jouent sur la tablette de leurs parents peuvent être programmés en quelques heures via un logiciel comme Scratch. Parmi eux, on a peut-être les futurs ingénieurs de notre pays et les futurs ingénieurs Orange à qui on va donner très tôt, dans le cadre de stages de découverte en classe de troisième par exemple, l’opportunité de découvrir et de travailler dans les métiers du digital.

G.K. Pour moi, c’est un peu différent. Thierry Souche, qui est le patron de Orange Labs Products and Services (OLPS), a un jour demandé aux équipes de développement de faire des animations pour apprendre le code aux plus démunis. À l’époque, il y a deux ans, nous avions créé l’initiative « Développeurs en herbe » qui se faisait avec des animateurs OLPS. Nous avons été rejoints par énormément de monde, il y a eu une véritable émulation autour de l’événement. De là est né #SuperCodeurs.

Depuis la rentrée scolaire 2016, l’apprentissage de la programmation fait partie du « socle commun de connaissances et de compétences ». Qui sont ceux qui enseignent le code aux enfants ?

G.K. Ce sont essentiellement des professeurs de mathématiques ou de technologie qui enseignent la programmation, notamment avec Scratch, en y associant parfois de la robotique ou de l’informatique embarquée avec des cours d’initiation à Arduino. Notre approche est un peu différente de la leur, mais complémentaire, puisqu’on est dans une démarche plus ludique : on n’utilise pas le code pour faire des maths, mais pour faire des jeux.

Qu’en est-il des adultes ? Aujourd’hui, est-ce que je peux prendre des cours de langage informatique comme je peux prendre des cours de japonais ? Quels conseils pour une personne comme moi qui n’y connaît rien et qui souhaite s’initier au code ?

G.K. Il faut commencer par les choses les plus faciles et les plus agréables. Je vous conseillerais de débuter avec Scratch, parce que ça va vous apprendre les bases de l’algorithmique et vous aider à ordonnancer vos idées pour créer de petits programmes. On peut aller très loin avec ce logiciel. On parle beaucoup de retrogaming… Eh bien, Space Invader se programme en cinq heures avec Scratch. Sur Class’Code, on utilise Scratch pour l’initiation au code et le robot éducatif Thymio pour l’apprentissage de la programmation robotique. C’est une plateforme publique de formation très bien faite, qui sera ouverte à tous très prochainement. Une fois que vous savez vous servir de Scratch, lancez-vous dans un langage relativement simple comme Python. Vous pouvez notamment suivre des cours sur OpenClassrooms. Après, la question c’est si vous voulez en faire votre métier ou pas. Si c’est le cas, il existe des initiatives qui vous permettront de vous reconvertir dans la programmation comme « Retour aux sources » ou « New Skill ». Enfin, tous les collaborateurs Orange ont la possibilité de suivre une formation conçue au sein du groupe dans le cadre de ce qu’on appelle « l’acculturation au développement ». En fait, je crois que c’est beaucoup plus facile d’apprendre le code que d’apprendre le japonais…

publié le 15/11/2016
par Wiggin-v

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publié le 15/11/2016
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