Disparaître du Net

Comment surfer incognito ou s’éclipser de la toile

On a tous au gré de nos explorations sur Internet, laissé notre empreinte sur le web : profils publics, posts humoristiques ou tweets assassins, tout le monde peut s’exprimer sur le réseau mondial. Mais comment faire lorsque l’on veut effacer ses traces sur la Toile ? Que deviennent ces mêmes informations après notre propre disparition ? Voici un tour d’horizon des solutions envisageables lorsque l’on veut « quitter » le Net.

Le Droit à l’oubli

Depuis l’arrêt de la Cour de Justice de l’Union Européenne du 13 mai 2014, il est possible de demander à Google de disparaître de ses algorithmes de recherche. Google supprime dans 50% des cas les contenus que ses utilisateurs voudraient voir disparaître. Pour en faire la demande, il suffit de passer par son formulaire dédié.


Le droit à l’oubli n’est pas une mince affaire

De son côté, Bing a suivi le pas en proposant également un formulaire de demande de suppression des résultats de recherche. Il est nécessaire de fournir plusieurs preuves de son identité et de justifier sa demande.

Des annuaires pour vous aider à effacer vos traces

Même si cela semble plutôt compliqué en pratique, des sites existent pour vous permettre de passer sans encombre ce retour à l’anonymat, que ce soit sur les réseaux sociaux ou les différents moteurs de recherche.

Just delete me

Réservé aux anglophones, Account Killer distillera des conseils et des liens pratiques pour ceux d’entre nous qui souhaiterait se débarrasser d’un compte récalcitrant : tout y est expliqué pas à pas et de nombreux conseils et astuces complètent l’information de base.

>> Account Killer

Disponible en français, Just delete me fonctionne comme Account Killer, mais propose malheureusement un peu moins de détails sur les procédures à entreprendre pour se séparer de son compte en ligne. La plupart du temps un lien est proposé pour nous rediriger sur la page idoine pour se désinscrire du service concerné.

>> Just delete me

La vie numérique après la mort ?

Vient la question épineuse de notre héritage numérique où l’on peut choisir de laisser ses données pour la postérité ou au contraire tout effacer. Plusieurs géants du numérique proposent ainsi de gérer cette « vie après la mort » au travers de leurs services. Boîtes mail, comptes de réseaux sociaux, fichiers (photos, vidéos, musiques) ou encore mémorial  en ligne : consultez notre article « Notre héritage numérique » pour en savoir plus sur ce que propose Google, Facebook ou Yahoo.

Être invisible de son vivant

N’oubliez pas qu’il reste toujours possible de récupérer ses données avant de les supprimer des différents services en ligne, si vous désirez conserver un « souvenir » avant de le voir disparaître du réseau mondial.

Si les navigateurs modernes offrent un mode privé (« Incognito » pour Chrome, « navigation privée » pour Firefox) qui détruit automatiquement votre historique de recherche et de navigation quand vous le fermez, ils n’empêchent pas le suivi de vos traces. Si vous voulez continuer à surfer en toute tranquillité sans vous faire repérer par les grandes vigies du web, différents plugins de navigateur peuvent vous faciliter la tâche.

Ghostery vous permettra de contrôler votre vie privée lorsque vous surfez. Disponible gratuitement pour les principaux navigateurs Mac et PC et pour Firefox Android, cette simple extension de navigateur vous permet de choisir quel type d’information vous voulez partager lorsque vous visitez une page web, que ce soit avec les réseaux sociaux (Twitter, Disqus…) ou les publicitaires (Adsense, Google Analytics…). Ghostery est aussi disponible comme navigateur pour iOS et Android.

Alternative open source, Disconnect (Firefox/Chrome/IE/Safari) vous donne le contrôle sur la collecte de vos données de navigation et offre une protection contre les sources potentielles de logiciels malveillants (malware). Une version de Disconnect avec plus de fonctionnalités est également disponible comme logiciel Mac et Windows. Une appli gratuite pour iOS et android existe aussi. Elle permet d’effectuer des recherches anonymement, de contrôler le suivi de vos traces et les connections non sécurisées via les sites que vous visitez et les apps que vous utilisez.

Côté réseaux sociaux, l’extension pour Firefox Priv3 empêche les widgets présents sur les pages web (boutons « Like », « Follow », ou « +1 ») de transmettre automatiquement vos données de navigation aux réseaux sociaux. Elles ne seront donc transmises que lorsque vous cliquez effectivement sur le widget ou que vous choisissez de désactiver le filtre.

Mention spéciale à Socially Clean qui analyse votre compte Facebook et votre timeline pour effacer tous les messages faisant référence à l’alcool, aux fêtes ou qui contiennent des expressions grossières. Pratique pour paraître irréprochable aux yeux de vos proches ou de votre employeur.

Ces différentes extensions forment un combo assez protecteur lors de vos pérégrinations sur la Toile mais pour les plus tatillons, ou ceux d’entre vous qui seraient espions, il est possible de surfer en tout anonymat via la distribution linux Tails (The Amnesic Incognito Live System). Une fois le système installé sur une simple clé USB, vous pourrez naviguer incognito via le réseau Tor, qui préserve votre anonymat. Tails contient également le nécessaire pour chiffrer ses données et chatter en crypté. Attention toutefois, cela se fait au prix d’une perte de fluidité sur les sites consultés…

Alors, prêt à disparaître de la Toile ?

Liens :

L’arrêt de la Cour de Justice de l’Union Européenne du 13 mai 2014
– La CNIL a rédigé un tutoriel sur les démarches à entreprendre pour effacer des informations à son sujet
– Les fiches pratiques de la CNIL pour notamment savoir comment exercer votre droit d’opposition ou maîtriser les réglages « vie privée » de votre Smartphone