Les promesses de la voiture autonome

Laissez-vous conduire par la voiture du futur

Impossible d’être passé à côté des images de la Google Car, cette voiture électrique sans conducteur (qui, dans sa livrée 2014 façon coccinelle, est juste so cute !). Derrière cette mini-auto, un objectif de taille : faire de vous, conducteur, un passager comme les autres d’ici 2020.

Comment ça marche ?

Grâce à de nombreux capteurs et caméras ainsi que des logiciels spécifiques, ces véhicules autonomes sont capables d’analyser leur environnement immédiat (chaussée, véhicules autour, obstacles, panneaux…). Ils peuvent aussi, grâce au Net, visualiser le trafic plus lointain. Ce « cerveau » transmet alors les décisions aux « muscles », des mécanismes qui contrôleront le volant, les freins, l’accélérateur, etc. Vous serez donc plus libre de vos mouvements sans pour autant, pour le moment en France, pouvoir lire vos e-mails ou téléphoner dans les bouchons… Vous devrez rester maître de votre véhicule à tout instant.


Une voiture qui se conduit toute seule, développée par l’INRIA, un organisme de recherche français.

L’autonomie à la carte

Derrière le concept de voiture sans conducteur se pose la question de la « délégation de conduite », c’est-à-dire, celle du degré d’autonomie conférée au véhicule. Rivalisant avec le modèle 100% autonome type Google Car, on trouve des modèles fonctionnant en semi-autonomie (permettant le stationnement automatique par exemple), ou en « platooning » (des convois de voitures). Depuis 2009, le projet Sartre (Safe Road Trains for The Environnement) de Volvo teste ainsi en conditions réelles le système de convoi de voitures suivant un véhicule pilote en tête.

Sartre (Safe Road Trains for The Environnement)

Des autos en réseau

Telle qu’elle se profile aujourd’hui, la voiture autonome n’est plus tant un véhicule qu’un objet communiquant, au même titre qu’un robot ultra-évolué. Son langage ? Le “vehicle 2 vehicle”, qui permet aux autos de se connecter les unes aux autres, en réseau. Des initiatives telles que le Car2Car Consortium encouragent à la création de standards européens. Le géant Google, lui, va plus loin avec l’Open Automotive Alliance, le regroupement d’un grand nombre de constructeurs qui a pour but d’uniformiser les systèmes d’exploitation des voitures avec les ordinateurs et appareils mobiles sous Android. Enfin, Microsoft fait de même avec Ford.

Des autos en réseau

Quand science-fiction et code de la route se rencontrent

“Sur le plan technologique, les constructeurs sont prêts. Les obstacles sont plutôt d’ordre réglementaire”, affirme Jean-Marc Finot, directeur de l’innovation chez PSA. Car une des questions fondamentales qui restent sans réponse est : “En cas d’accident, qui est responsable ?” L’automobiliste passif, le constructeur ou le réseau routier intelligent ? Des questions qui relèvent presque de la science-fiction et des lois de la robotique d’Isaac Asimov : quel choix doit opérer le robot-voiture face à un accident inévitable ? Percuter un obstacle en prenant le risque de tuer ses passagers ou réaliser une manœuvre d’évitement qui pourrait tuer d’autres automobilistes et/ou piétons ?

Guillaume Cardin, journaliste d’AutoPlus, relativise : “ Une fois que le cerveau humain a pris sa décision, il lui faut une seconde pour réagir. L’ordinateur, lui, est capable d’analyser tous les paramètres simultanément ; la balance penche donc clairement en faveur de la voiture autonome.”. Moins d’accidents, moins de bouchons, et une consommation d’essence optimisée, mais aussi des frais d’assurance et de santé liés aux accidents à la baisse… Le bilan macro-économique de la voiture autonome se révélerait beaucoup moins lourd que celui de nos voitures actuelles. Alors, prêts à vous laisser conduire ?

Découvrez les principaux projets de voitures autonomes :

Google Car 2014

Google Car

Autorisée à rouler dans quatre États américains, elle compte plus d’un million de kilomètres parcourus. Équipée d’un système de télédétection par laser, elle génère une carte 3D de son environnement qu’elle associe à une bande de données cartographique préexistante.

Mercedes S Intelligent Drive

Proposée sur des modèles très haut de gamme contre un peu moins de 3 000 euros, l’option “Stop & Go Pilot” permet à la voiture de se maintenir dans sa file en conservant les distances de sécurité, jusqu’à 30 km/h. Idéal dans les bouchons.

BMW M235i

En prenant l’exemple de la conduite sportive, avec une voiture capable de réaliser du drift (dérapage), BMW souhaite démontrer la performance de sa technologie. Audi avait fait de même avec son modèle TT autonome sur la course de côte légendaire de Pikes Peak.

Kia

Ce système d’autopilote pour garer votre voiture existe déjà chez certains constructeurs tels que Ford ici, mais aussi Lexus, Toyota, Volvo, Kia, Volkswagen et Škoda.

autopilote pour garer votre voiture

Renault Next Two

Carlos Ghosn, le patron de Renault-Nissan, s’est engagé à commercialiser des modèles autonomes pour 2020, à l’image de la Next Two. Sur une base de Zoé électrique, ce modèle est capable de prendre le relais dans les embouteillages sur voies rapides (30 km/h max) et de se garer seul. La voiture bascule alors en mode confort : système massant, accès à un bureau virtuel avec écran contrôlable par gestes…

“Un objectif de taille : faire de vous, conducteur, un passager comme les autres d’ici 2020.”