Nos chers disparus d’Internet

CaraMail revient, Vine est mort… Le Web est en mouvement perpétuel ; de nouveaux sites et services naissent et disparaissent tous les jours. En voici quelques-uns qui nous auront vraiment marqués.

GeoCities, le village planétaire

Si vous avez créé un site dans les années 1990 – que ce soit pour partager votre passion pour les saint-bernards ou votre amour pour David Duchovny –, il y a de fortes chances que vous l’ayez hébergé dans l’une des villes symboliques de GeoCities. Fondé en 1994, le service d’hébergement Web gratuit, l’un des plus populaires au milieu des années 1990, a été racheté par Yahoo! en 1999, puis fermé 10 ans plus tard. Il existe cependant encore au Japon. Comme Mireille Mathieu.

GeoCities, le village planétaire

Source : oneterabyteofkilobyteage.tumblr.com

« Net what ?? »

Si la guerre des navigateurs n’est pas autant racontée que celle qui opposa Microsoft et Apple pendant plusieurs décennies, elle a connu autant de rebondissements, notamment lors de la bataille féroce qui opposa Internet Explorer et Netscape Navigator à la fin des années 1990. Vous savez déjà qui a gagné puisque vos enfants pensent probablement que Netscape est le nom d’un MMORPG cyberpunk pour les vieux.

Bienvenue sur Internet, je serai votre guide

Google est le moteur de recherche le plus populaire au monde : plus de 60  % des internautes l’utilisent (plus de 90 % en France !). Mais ça n’a pas toujours été le cas. Dans les années 1990, c’est AltaVista la star des moteurs de recherche. Lancé en 1995, ce fut le premier moteur de recherche multilingue et le premier à proposer la recherche d’images, de fichiers audio et de vidéos. En 1998, les serveurs AltaVista répondaient à 13 millions de requêtes par jour (aujourd’hui, 3,3 milliards de requêtes quotidiennes sont envoyées aux serveurs Google). Face à Google, la popularité d’AltaVista décline progressivement et Yahoo!, qui le rachète en 2003, décide de le fermer en 2013.

Âge, sexe, ville ?

Asv ? C’est ainsi que commençait une discussion sur Internet à la fin des années 1990 et au début des années 2000. Créé en 1997, CaraMail rassemblait l’une des plus grandes communautés d’internautes francophones, en particulier son tchat, très réputé auprès des adolescents qui connaissaient leurs premiers émois amoureux en draguant sur le Net. Aujourd’hui, CaraMail renaît de ses cendres sous la forme d’un service de messagerie cryptée.

CaraMail

Source : www.tchats.net

Des térabytes d’EBM belge

À la même époque, c’est sur Napster que l’on pouvait se « procurer » (la notion de téléchargement illégal était encore assez floue) le dernier disque de Radiohead ou de tout autre groupe de rock alternatif dépressif dont le nom recouvrait le sac à dos des adolescents. Cofondé par Sean Parker, le service de partage de fichiers en peer-to-peer est remplacé par un site de téléchargement légal en 2001 après deux ans de procédure judiciaire pour violation des droits d’auteur.

Les plus esthètes se souviendront de SoulSeek (qui existe toujours), un paradis pour les amateurs de musique underground, où l’on pouvait télécharger des térabytes de trucs hyper rares et obscurs introuvables sur Napster.

Si Myspace était un pays…

Il fut un temps où votre meilleur ami ne s’appelait pas Mark Zuckerberg, mais Tom Anderson, le cofondateur de Myspace. À l’époque, l’une des particularités du site était que chaque membre pouvait publier ses chansons sur sa page profil. Myspace a ainsi permis à des milliers d’artistes de diffuser leur musique et de se faire connaître dans le monde entier. En 2006, le succès est tel qu’on prendra l’habitude de dire : « Si Myspace était un pays, il serait [le 5e, le 8e, ou le 11e au choix selon les citations] pays le plus important au monde en termes de population. » Le recul de Myspace face à Facebook constitue une période charnière, puisque c’est un peu le moment où les internautes abandonneront leur pseudo et leur avatar au profit de leur véritable identité, et où les interactions commenceront à consister davantage à garder contact avec ses connaissances qu’à parler à des inconnus. Myspace existe encore, mais il n’a plus grand-chose à voir avec ce qu’il était.

Myspace

Source : blogs.msdn.microsoft.com

« In lulz we trust »

L’Encyclopedia Dramatica était une sorte de Wikipedia parodique, un wiki agrégeant des mèmes Internet et des contenus obscènes, violents et insultants, non censurés, mais écrits au second degré ; un repère de 4channers et de trolls vivant pour le lulz (la version diabolique du lol) ouvert en 2004 par Sherrod DeGrippo. Après plusieurs plaintes, le site est fermé en 2011 et remplacé par une version édulcorée appelée OhInternet, au grand dam des membres de la communauté qui rouvriront Encyclopedia Dramatica en récupérant le contenu original du site.

Twilight doublé en français québécois

Qui n’a jamais téléchargé une série sur MegaUpload ? Ou un film doublé en français. Ou un film doublé en français québécois. Si vous n’avez jamais regardé Twilight doublé en français québécois, vous n’avez pas complètement expérimenté Internet. Créé en 2005 par Kim Dotcom, homme d’affaires allemand controversé ‒ « superhacker » pour les uns, « script kiddie » pour les autres, MegaLomaniaque pour tous ‒, MegaUpload permettait d’uploader ou télécharger gratuitement des fichiers de 1 Go max et a marqué une sorte d’âge d’or du téléchargement direct illégal. Le 19 janvier 2012, le site est fermé par le FBI dans le cadre d’une campagne antipiratage lancée en 2010.

Vine, le tube de 2013

Les applications mobiles sont un peu les tubes de l’été de l’ère numérique ; des hits aussi fulgurants qu’éphémères, qui naissent et disparaissent comme des étoiles filantes… Et l’appli qui vous a fait le plus danser en 2013 est sans conteste Vine, qui permet aux utilisateurs de créer de courtes vidéos de six secondes. Des vidéos qui tournent en boucle et forment des « loops », ce qui leur donne des airs de GIF avec du son. À l’annonce de la fermeture prochaine de la plateforme (qui pourrait en fait être revendue), de nombreux internautes se sont empressés de partager leurs Vine préférés sur Twitter en utilisant le hashtag #RIPVine.

Skyblog, le paradis du Blingee et du portrait chinois

Oups, pardon, ça existe encore.

publié le 22/11/2016
par Wiggin-v

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publié le 22/11/2016
par Wiggin-v

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