Pokémon Go, simple tube de l’été 2016 ?

Pokémon GO

Succès planétaire

Le 24 juillet dernier sortait Pokémon Go. En l’espace de quelques semaines, le jeu en réalité augmentée développé par Niantic, qui consiste à attraper des Pokémon disséminés un peu partout avec son mobile tout en évoluant dans l’espace, est devenu un véritable phénomène de société, entre unes de journaux, préventions gouvernementales et mouvements de masse dans les lieux publics.

Un succès planétaire. Disponible dans plus de cent pays, l’application a été téléchargée par plus de 500 millions de personnes en seulement deux mois pour un total d’environ 3 milliards de kilomètres parcourus. Soit un quatorzième de la population planétaire qui aura brûlé un bon nombre de calories…

Lassitude symptomatique

Trois mois après son lancement, que reste-t-il de Pokémon Go ? Après 74 jours en tête de l’App Store, Pokémon Go a perdu sa place au profit de Clash Royale, développée par Supercell. En son temps, une autre appli de la société finlandaise avait trusté la première place pendant 347 jours avec Clash of Clans. Un succès à mettre en perspective, donc.

Aussi, en août dernier, Bloomberg constatait que les joueurs quittaient massivement Pokémon Go : l’appli était passée de 45 millions d’utilisateurs actifs à 30 millions en un petit mois.

Une lassitude typique des buzz de notre temps : l’effet boule de neige des médias – et même des politiques ! – qui se sont emparés du phénomène aura embarqué une majeure partie d’utilisateurs excités par la nouveauté, mais finalement lassés par les limites du jeu, des bugs à la pauvreté des possibilités en campagne comparé à la ville en passant par les difficultés de faire évoluer son dresseur Pokémon. Comme si l’application de Niantic avait été développée pour « marcher » sans pour autant techniquement « marcher ».

Nostalgie augmentée

Comme la sortie du film Trolls ou le retour des platform shoes, Pokémon Go s’inscrit dans cette « culture doudou » des années 1990 qui reviennent en force. Les nostalgiques de Pokémon sur Game Boy ou du dessin animé sur TF1 constituent aujourd’hui la génération Y, qui a accepté le numérique comme partie intégrante de son quotidien.

Pour autant, Pokémon Go n’est pas un simple effet de mode retombé comme un soufflé. Grâce à la réalité augmentée, Niantic est parvenu à transformer l’espace urbain en un véritable terrain de jeu, faisant définitivement basculer l’« urban gaming » dans le numérique.

De plus, la performance technologique est indéniable et servira à d’autres. Pokémon Go est sans doute le premier d’une longue lignée de jeux (voire d’applications de services) en réalité augmentée, faciles à implémenter, car tous les smartphones supportent la technologie, se concentrant sur l’expérience offerte à l’utilisateur plus que sur les graphismes ou la narration.

Si un feu de paille brûle vite, cela ne signifie pas qu’il ne peut pas en démarrer un plus gros.

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publié le 04/11/2016
par Rostac Matthieu

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publié le 04/11/2016
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