Smart city, visite guidée

Il y a encore un peu plus d’un siècle, seul un habitant de la planète sur cinq vivait en ville. D’ici 2050, nous serons 70 % à être des citadins. Et parce que le numérique est devenu une évidence de notre quotidien, la question de la ville intelligente se pose plus que jamais. Nombreuses sont les initiatives prises pour faciliter l’arrivée des « smart cities ». Visite guidée dans la « ville intelligente ».

La solution open data

Si Singapour, en avance sur son temps, car active depuis les années 1990 sur le sujet, est considérée comme la première smart city du monde, en Europe, les villes de Londres et Barcelone ont fait d’importantes avancées ces dernières années. À chaque fois, la source est la même : l’open data. Depuis 2014, le Datastore de Londres met à disposition les données récoltées par les capteurs de la ville. En tout, ce sont 460 applications de mobilité qui ont vu le jour grâce à l’open data, dont la célèbre Citymapper, qui permet aux usagers de transports en commun de choisir des itinéraires adaptés en temps réel, voire de favoriser l’écomobilité.

Citymapper

Quant à la capitale catalane, elle est une véritable pépinière pour smart cities. Par le biais de l’open data, elle a pu mettre en place un système de feux de circulation intelligents pour réduire les embouteillages, mais a aussi permis à la société Urbiotica de développer un service de parking intelligent qui évite de tourner et virer pour chercher une place via des capteurs au sol, désormais disponible dans une quinzaine de villes européennes. Mieux, la municipalité a lancé l’application Mobile ID, qui permet de simplifier une douzaine de démarches administratives en numérisant le tout depuis son smartphone.

Cette démarche qui souligne la volonté des pouvoirs publics de se connecter avec ses citoyens, on la retrouve dans d’autres villes, bien sûr. En France, citons par exemple Nantes (application Nantes dans ma poche) et Paris (projet Open Data Paris).

Une véritable alternative pour l’environnement

Outre l’efficacité et la praticité offertes à leurs utilisateurs, les smart cities sont également investies d’une mission citoyenne : l’écologie. Permettre à l’utilisateur de penser à la planète tout en pensant à son porte-monnaie, en quelque sorte. En France, la région du Grand Lyon fait figure de vrai laboratoire de la ville intelligente, notamment en matière de smart grid : le logiciel Aquadvanced développé par Suez pour réaliser des économies d’eau au sein des foyers y afait ses premiers pas, de même que les compteurs Linky, déployés un peu partout dans l’Hexagone par ERDF.

compteurs Linky

À l’étranger aussi, les propositions sont multiples. Qu’il s’agisse des bennes à ordure intelligentes installées par la ville de Santander, en Espagne, en collaboration avec NEC, pour éviter les déplacements superflus de ses éboueurs, ou des smart-lampadaires de Citeos qui font baisser de 82 % la facture d’éclairage de la ville basque de Bakio, ou encore du système Schoonschip à Amsterdam, aux Pays-Bas, qui permet de « partager » son énergie avec ses voisins, de nombreuses initiatives pensent au bien de tous, présent comme futur. Et si à l’heure actuelle, les villes produisent 80 % des gaz à effet de serre, le cabinet Juniper Research a estimé qu’en 2021, les villes intelligentes génèreront une économie d’énergie équivalente à 15 millions de foyers par an. Voire plus, si tout le monde joue le jeu.

publié le 06/12/2016
par Rostac Matthieu

mots-clés :

publié le 06/12/2016
par Rostac Matthieu

mots-clés :