Webdocu

Le documentaire interactif de l’ère numérique

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La Cité des mortes
Interface de La Cité des mortes
Dans la Cité des Mortes,
Chanteloup, ma France
Code-Barre, comment ça marche ?
Code-Barre, comment ça marche ?
Afrique : cinquante ans d’indépendance
Afrique : cinquante ans d’indépendance
Afrique(s), une autre histoire de XXème siècle
Afrique(s), une autre histoire de XXème siècle
Prison Valley
Les indices dans Prison Valley
Voyage au bout du charbon
La Machine à expulser

Tendance forte dans le paysage des médias, le webdocu est un nouveau mode narratif et une forme réellement interactive de documentaire. Finie la passivité devant l’écran plat : la souris grignote la télécommande.  

Un webdocu impressionnant : La Cité des Mortes

« Il existe une ville où tuer une femme n’est rien » Bienvenue dans La Cité des Mortes, un web documentaire où c’est vous qui menez l’enquête. La phrase accroche l’internaute et donne le ton de l’intrigue, sombre et sobre, comme la bande-son électronique de cette apnée multimédia dans Ciudad Juarez, contre-plongée dans les entrailles d’une ville frontière mexicaine…

L’essentiel de ce  format multimédia, adaptée à l’ère du Web 2.0 et des tablettes, réside dans la capacité inouïe de l’internaute à façonner sa propre histoire à partir des multiples éléments mis à sa disposition. Ici par exemple une carte de la ville avec des dizaines de points de toutes les couleurs où cliquer : c’est la cartographie des assassinats dans cette cité de sang et de poussière. Vous accédez par ailleurs à des documents textuels ou graphiques, à des témoignages vidéo. Vous consultez des fiches de police sur les suspects ou des personnalités troubles de la ville. Vous découvrez des indices comme dans un jeu vidéo… C’est là tout le sens des webdocus qui naissent aujourd’hui : vous rebondissez d’écran en écran. Il ne s’agit plus d’un film de 50 minutes, car c’est vous qui choisissez vos infos et bâtissez votre propre vision du sujet qui vous est proposé, à votre rythme.

Vous avez la main pour construire votre histoire

Interface graphique en adéquation avec le propos et scénarisation propice à placer l’internaute dans la peau d’un enquêteur, La Cité des Mortes est l’un des meilleurs exemples de ce « genre » pionnier qu’est le webdocu. Tout comme Prison Valley, de David Dufresne & Philippe Brault, qui dressait au printemps 2009 un état des lieux du système économique des prisons aux Etats-Unis.

Le Monde, Arte, France 5, Géo, l’agence Capa ou encore RFI ont ouvert des unités dédiées à ce documentaire de l’ère numérique. Et les sujets sont des plus variés. Voyage au bout du charbon traite ainsi des gueules noires en Chine et en Afrique. Gaza-Sderot, de son côté, témoigne en temps réel du quotidien des deux côtés du mur, l’internaute naviguant lui-même entre la Palestine et Israël. Afrique(s), une autre histoire de XXème siècle, enfin, invite tout un chacun à réviser son jugement sur ce qu’est devenue l’Afrique à travers des documents d’époque, des textes, des entretiens d’experts, des cartes, etc.

Tout l’enjeu pas si facile de ce nouveau mode narratif est, répétons-le, de vous permettre de construire votre propre histoire à partir d’une somme de documents, remis en perspective via des modules qui, à la manière de l’hypertexte de l’Internet, s’imbriquent les uns aux autres. Plus de vérité, d’histoire linéaire qui vous conduit d’un point A à un point Z. Tout au long du récit, articulé autour d’un menu « central », vous avez le choix entre différentes pistes. Vous pouvez  sauter des étapes, revenir au début, prendre une bifurcation, tomber dans une impasse… Tout est possible dans ce méta média élaboré à partir de tous les outils à disposition, de la radio au stylo, de la caméra au dessin animé, de la photo plein cadre au panorama sonore. Si l’auteur du web documentaire émet toujours une hypothèse de base, introduction nécessaire au sujet, il n’impose plus sa vision mais tisse des pistes de recherche et de réflexion, avec une fin ouverte. De passif, le spectateur internaute devient donc actif. Une révolution des usages et des pratiques qui aura, on peut le parier, des conséquences sur le citoyen de demain.

Liens :

- Chanteloup, ma France 
- Afrique : 50 ans d’indépendance
- Code barre, comment ça marche ? : version web et application iPhone
- La machine à expulser
- L’antenne de Arte dédiée aux webdocus
- Celle de l’INA
- La vie à sac, un webdocumentaire présenté par Médecin du monde, réalisé par CAPA
- Un site donnant toutes les « bonnes adresses » de webdocus
- Webdocu.fr, l’actualité et l'étude des nouvelles formes de narrations
 

  • Armand

    Ca serait bien que tous les mois le collectif fasse un focus et nous fasse découvrir un webdocumentaire de qualité. Il y a pas de belle réalisation méconnue en la matière et c’est un vrai travail d’auteur et de scénarisation multimédia.

  • Patrick Altman

    Du Web-documentaire aux bons vieux CD-ROM culturels des années 90 du siècle dernier.
    Il y a probablement un certain créneau intéressant pour les usages éducatifs et de formation, assez proche des « Serious-Game ».
    Mais comme pour les anciens CD-ROM, ou les essais des « livres dont vous êtes les héros », ça risque de faire flop pour les mêmes raisons. Peu de gens ont envie de se demander où aller, où ne pas aller, et préféreront le plus souvent ce qui se déroule tout seul, sans fatigue, un bon verre à la main et se laisser porter par la narration justement –
    Et c’est un abus de langage de l’article en référence, il n’y a plus de narration si c’est l’utilisateur qui construit son histoire.

    Par contre on peut penser que la richesse informationnelle proposée après avoir visionné une vraie narration puisse remplacer des livres comme les essais sur des sujets d’histoire ou de politique et bien d’autres. Le format audiovisuel étant plus adapté aux écrans que le texte.
    A suivre.
    Patrick Altman

    • David

      Je ne vous rejoins absolument sur rien.
      De nombreuses personnes préfèrent s’instruire de façon interactive et ludique plutôt que passivement un verre à la main ;)
      Je doute également de votre remarque à propos de l’abus de langage, après tout un narrateur peut être son propre narrataire et qu’est-ce qu’un webdocu si ce n’est un exposé de faits à soi-même.

      Enfin, le plus grave !! ;)
      Vous parlez des « livres dont vous êtes le héros » comme d’un flop et c’est inacceptable ! Ces romans ont eu un franc succès pendant plus de 15 ans et de nouvelles séries sont encore éditées…
      Ok, je suis un grand fan pas du tout objectif.

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