Depuis sa création, Wikipédia, l’encyclopédie libre, est reconnue dans le monde entier grâce à ses dizaines de millions d’articles disponibles dans la plupart des langues. Pourtant, sur le terrain, Wikipédia avait du mal à rivaliser avec la culture à l’ancienne (musée, etc…). On continue de l’opposer aux modes traditionnels d’information, notamment historique et culturelle. Avec le projet MonmouthpediA, Wikipédia intervient sur le terrain, en soutenant le tourisme local.
Le projet
Fin 2011, John Cummings, un Gallois de la ville de Monmouth, près de Newport, réalise que le tourisme local fait face à un problème majeur : trop souvent élitiste il est réservé aux visiteurs renseignés. L’information dans les musées est souvent limitée aux écriteaux et aux panneaux, la documentation manque dans les petites bibliothèques et la compréhension n’est possible qu’aux visiteurs qui parlent l’anglais ou la langue locale. En assistant à une conférence TEDx à Bristol, John Cummings entend parler de l’association Wikipédia-QRcodes : l’opération QRpedia mise en place dans certains musées permet aux visiteurs d’avoir accès à l’information Wikipédia du musée via le QR code.
Pour lui, c’est le déclic : il faut à tout prix que naisse le projet d’un tourisme local via Wikipédia et la technologie Flashcode. Il rencontre Roger Bamkin, le président de Wikimedia UK, et ensemble ils mettent au point le projet MonmouthpediA.
L’information Wikipédia liée à la technologie Flashcode
Faire un projet avec Wikipédia, c’est s’assurer de lui donner une grande ampleur. L’encyclopédie libre a révolutionné la recherche d’information : qui, lorsqu’il a besoin d’une info, ne tape pas immédiatement les termes sur le site ? Google référence presque toujours Wikipédia comme dans les premiers résultats. Et pour cause : c’est un excellent outil collaboratif dont le contenu, généré par les utilisateurs, est l’un des plus riches et didactiques du Web (bien que sa dimension participative implique parfois des articles incomplets ou subjectifs).
Par ailleurs, l’info est universelle (pratiquement tous les articles sont disponibles dans les 10 ou 15 langues les plus parlées au monde) et l’espace d’expression est extrêmement large. L’idéal, en fait, pour tous ceux qui souhaiteraient, comme M. Cummings, que l’information et la culture se diffusent d’une façon plus universelle.
Quant aux QRcodes, ils ont longtemps servi l’image de certaines marques puis le principe a été récupéré depuis quelques années à des fins non-commerciales : SMS, cartes de visite, création artistique, mais aussi pour des opérations telles que QRpedia. L’opération QR par Wikipédia avait déjà posé, dans certains lieux historiques d’Angleterre, les bases du projet MonmouthpediA : les visiteurs flashaient avec leur smartphone des QR codes qui renvoyaient à des pages wiki à propos du monument.
Une ville Wikipédia
A travers MonmouthpediA, l’idée est de dépasser le simple statut de musée et de créer la première ville Wikipédia. Des plaques à flasher avec son smartphone partout dans les lieux historiques de la ville renvoient à des pages multilingues Wikipédia. Du coup, le conservateur du musée de Monmouth se réjouit que les touristes puissent accéder à toute l’histoire et la culture de sa ville dans leur langue originale. Une ouverture sur le monde qui s’accompagne d’un réel plus pour la documentation de la bibliothèque à Monmouth : ses livres sont aujourd’hui les seuls au monde à proposer un flashcode en page de garde.
Et ça marche : les touristes affluent pour découvrir l’histoire obscure des Galles médiévales. Une histoire mise en lumière par les 500 nouveaux articles écrits par les wikinautes, autochtones et autres, qui ont aussi participé aux frais d’installation.
Et on espère voir le phénomène s’étendre afin de remplir les musées et de donner au tourisme local du monde entier une nouvelle dimension…
Liens :
- MonmouthpediA Day : le projet sur le blog de Wikimedia
- Le projet accexpliqué par John Cummings et par ses contributeurs
- Le projet QRpedia
C'est vraiment bien comme initiative, non seulement c'est un réel service mais ça donne des idées pour inciter à la construction d'une histoire et d'une mémoire collective pour des lieux insolites ou non-officiel.