Nous entamions lundi notre compte-rendu des Bains Numériques, auxquels Le Collectif assistait du 13 au 16 juin. Après avoir fait un point général rapide sur le festival, nous nous concentrons aujourd’hui sur l’un de ses temps forts : les Rencontres Professionnelles
Se réapproprier son cadre de vie grâce aux arts numériques
Les rencontres professionnelles : deux jours de tables rondes réunissant artistes, chercheurs, professionnels de la culture et acteurs publics autour d’un thème, reflètent et participent à cette volonté de créer un écosystème créatif que nous évoquions hier. Elles sont, selon leur coordinatrice Marie Lesage, « l’essence même du festival », et ont pour objectif de « mettre en réseau les acteurs des arts numériques à l’échelle nationale et internationale et de diversifier réellement le profil des intervenants, tout en faisant un lien direct avec la programmation du festival ». Cette année, elles furent orientées vers la thématique suivante : et si les arts numériques réinventaient la ville ? Ou : « comment ils peuvent permettre au citoyen de se réapproprier son cadre de vie », souligne Marie Lesage.
Une ville ludique, intelligente et sensible
Les intervenants se sont alors attachés à questionner le rôle de la création numérique dans le développement d’une ville ludique, intelligente et sensible. Ludique parce que, comme l’explique Marie Lesage, « les arts numériques permettent de créer un véritable espace de jeu dans la ville en invitant les gens à tester les installations, à découvrir leur fonctionnement, leur potentiel caché. Il n’y a pas vraiment de règle du jeu ». Intelligente et sensible car elle est « capable de se moduler, réceptive aux évolutions et aux émotions de ceux qui l’habitent ». Ainsi, l’écran géant interactif de l’artiste taiwanaise Zhan Jia-Hua, s’animait-il au gré des gestes des passants, composant un paysage imaginaire inédit.
Soma Mapping II de l’artiste taiwanaise Zhan Jia-Hua a remporté le prix Compétition internationale dans la catégorie arts visuels
Me & my shadow
Le premier jour des rencontres pro fut consacré aux enjeux de la création numérique dans l’espace public. On retiendra deux des problèmes soulevés : l’insuffisance du nombre de structures de médiation aidant les artistes à monter des projets et le manque d’une véritable intégration des compétences (de l’artistes, de l’ingénieur, de l’urbaniste, du scientifique) pourtant indispensable à l’ère du numérique. Le deuxième jour avait pour objectif de mettre en avant l’émergence – ou plutôt le foisonnement, selon Dominique Roland – numérique. Un certain nombre de projets artistiques et de festivals furent présentés par les membres du Réseau Arts Numériques. Parmi eux, le projet européen MADE « Mobility for Digital Arts in Europe » et le lauréat de son appel à projet : Joseph Hyde pour « Me & my shadow ».
Présentation dans le hall du CDA de l’installation Me & my shadow de Joseph Hyde, l’une des œuvres chouchoutes du festival
A noter, la publication de l’ouvrage « Art & Culture(s) Numérique(s) », un panorama international de la création et des nouveaux usages du numérique du CDA et de MCD (Musiques et Cultures Digitales). Natacha Seignolles, du projet Culture Mobile d’Orange, y signe un article sur la ville créative de demain.
Couverture de l’excellent ouvrage « Art & Culture(s) Numérique(s) »
Les Bains Numériques s’achevaient samedi 16 avec une sélection de concerts de musique électronique pointue. L’année prochaine, ils se dérouleront au Canada, pays invité lors de cette édition 2012. Can’t wait 2014 !
Julia est diplômée en Droit et en Relations Internationales. Après plusieurs missions au Ministère de la défense, elle a eu envie de s’orienter vers l...