Les nouvelles technologies ouvrent de nombreux possibles en matière de football, en particulier dans sa dimension spectaculaire. Pour autant, difficile de dessiner les contours de ces “futurs” footballistiques. Les tendances existent, mais comme souvent en prospective, il n’est possible d’élaborer que quelques grands scénarios à court, moyen et long terme. Tour d’horizon(s).
De nouveaux équipements
L’apparition de nouveaux équipements est la première manifestation de l’intégration de la technologie dans le sport. Ainsi, l’évolution des matériaux modifie-t-elle par petites touches le jeu d’une époque (exemple avec le tennis qui a évolué au profit des profils de joueurs plus puissants). C’est évidemment valable en football où les ballons récents, plus “flottants”, s’inscrivent dans une volonté de renforcer le spectacle... au détriment d’un certain sens du beau jeu. Le ballon CTRUS, lui, tente de résoudre l’épineuse question de l’arbitrage. Il change de couleur lorsqu’il dépasse la ligne de but tout en mesurant quelques données sur la vitesse du ballon. Une solution aux éternelles querelles relatives à l’arbitrage vidéo… On peut néanmoins s’interroger sur les performances réelles d’un ballon qui n’est pas encore homologué, conçu davantage pour le design que pour le jeu.
Présentation du ballon CTRUS
L’évolution du jeu, mythes et réalités
Il apparaît nécessaire de relativiser l’impact de ces technologies sur la nature du football performé. Ainsi, la rapidité du football moderne n’est pas tant liée à l’évolution des équipements qu’à l’arrivée du pressing (technique consistant à “harceler” l’adversaire pour récupérer le ballon ; sa généralisation oblige les joueurs à utiliser le ballon beaucoup plus rapidement) et à la professionnalisation croissante du secteur. C’est donc sur d’autres terrains, et notamment ceux de la représentation médiatique, que le football est en passe de se transformer.
On refait le match
En France, la redistribution des cartes qui touche le secteur audiovisuel, avec l’arrivée d’Al-Jazira, autorise à rêver à de nouvelles formes de représentation médiatique du spectacle sportif. C’est en tous cas l’une des doléances des Cahiers du Football, dans une lettre ouverte à Charles Biétry, nouveau président des chaînes qataris en France : “Cela n'empêcherait pas d'expérimenter et d'innover: imaginons un pôle R&D pour tester de nouvelles approches, de nouvelles manières de raconter un match en cassant les certitudes et les habitudes des réalisateurs.”
Un match « augmenté »
D’autres possibles existent, qui concilient à la fois le spectacle et l’information. Avec l’essor des données statistiques, de nombreuses applications en réalité augmentée sont proposées, à l’image du visuel que propose Intel pour illustrer son Info Stream Football. Si on n’en est aujourd’hui qu’au stade de la “data-visualisation” assez sommaire, nul doute que d’autres représentations inédites verront très prochainement le jour. On peut tout imaginer : des appareils équipés de la technologie de « retour de force » permettant de ressentir les sensations d’un joueur, ou des applications en réalité augmentée permettant de mieux comprendre les tactiques d’une équipe, par exemple.
Présentation de l’application Intel Info Stream Football
Le futur se conjugue au présent
Rappelons toutefois que c’est probablement dans la simplicité que s’épanouira le mieux le football de demain, et que le futur se conjugue d’abord avec les technologies et usages présents. Et ceux-ci sont connus : Internet et smartphones qui resteront les véritables pourvoyeurs d’innovation dans les prochaines années. Mais aussi, la multiplication des écrans et des formats vidéo, qui autorise déjà de nouvelles formes d’interactions entre les spectateurs. De surcroît, les promesses technologiques ne suffisent pas à garantir l’attrait d’un match ou d’un stade, en témoigne (peut-être ?) l’échec de la candidature nippone à l’organisation de la Coupe du Monde 2022, qui proposait pourtant un projet d’hologramme démesuré à l’échelle d’un stade.