Rapidité, discrétion, efficacité… On n’en finit plus de compter les avantages tirés de ces petits messages tapotés et envoyés du bout des doigts depuis nos téléphones portables, que l’on appelle SMS (Short Message Service, en anglais). Néanmoins, en dehors de son côté pratique, il faut reconnaître que le SMS a envahi la moindre de nos relations : boulot, amis et même côté cœur. Mais j’entends déjà des voix s’élever : non, le langage entre hommes et femmes n’a pas attendu cet outil moderne pour qu’il y ait incompréhension entre les deux sexes mais, une chose est sûre, il ne les a pas aidés.
« L’amour est un SMS sans réponse »
Voyez ! Même Frédéric Beigbeder lui a accordé une place de choix, dans son film L'amour dure trois ans allant jusqu’à décréter qu’« Au XXIème siècle, l’amour est un SMS sans réponse ». Parce que le SMS sans réponse est un problème majeur du SMS. À partir de quand considérer qu’on ne nous a pas répondu ? Une heure ? Deux minutes (puisqu’on est censés être joignables partout et tout le temps au point d’avoir la maladie du SMS) ? Quand a-t-on le droit de dire « tu ne m’as pas répondu ! ». Ou encore quand s’arrête une conversation ? « Pour moi, c’est quand je mets un “à plus” ou un “bisou” » explique une « textoteuse » frénétique. Pour d’autres, il n’y a pas vraiment de fin. C’est d’ailleurs le petit plus du message par rapport à l’appel, jamais besoin d’y mettre fin.
Envoyer des SMS n’est pas tromper
Viennent alors le poids des mots, le choix des formules. Et la sempiternelle question du « je lui écris quoi à ton avis ? ». Et cet instant où une amie, pourtant hautement intellectuelle, s’abaisse à ces considérations : « si je lui écris “je t’embrasse” c’est un peu trop mais “bises” alors ça veut vraiment dire “tchao à la prochaine” non ? » Le débat pourrait durer longtemps plus longtemps que sa propre thèse et cela sans même aborder la partie : incompréhensions d’une conversation par SMS. Dans cette suite de petites lettres sur écran digital, en effet, point de décodeurs, d’intonations... Le texte arrive brut, au mieux, une ponctuation. Et nous…nous le prenons comme on le souhaite. C’est à dire selon l’humeur du moment. Qu’entendre donc, par un « on se voit ce soir si tu veux » ? Ici, la mal lunée répondra un « oui mais si toi aussi tu en as envie » quand la guillerette répondra tout de suite « banco ». Ah ! Tout est dans l’interprétation de celle qui conduit les lecteurs, non invités à se pencher sur nos SMS, à en tirer des conclusions hâtives. Et de s’entendre dire par un amoureux jaloux : « dis, pourquoi il t’appelle “bella” ce mec qui travaille avec toi ? ». Réponse de l’intéressée/effarouchée « parce que ça se fait beaucoup par SMS, tu sais ». C’est bien connu, envoyer des SMS n’est pas tromper. Mais avouons-le, on aurait parfois bien besoin d’un décodeur.
Liens :
- Vidéo l’amour dure trois ans
- La maladie du SMS : le text neck
- 10 règles à respecter quand on envoie un SMS par Grazia