L’art de cadrer et prendre une photo est devenu quelque chose de somme toute assez banal. Il se pourrait même que cela devienne aussi simple et intuitif qu’un claquement de doigts... A condition de shooter vos photos du bout de l’index avec l’Ubi-Caméra, l’incroyable prototype de prise de vue numérique mis au point par les chercheurs japonais de l’Institute of Advanced Media Arts and Sciences (IAMAS) d’Ogaki.

Un cadrage en chair et en os
Quatre doigts, un sujet, une photo
Car l’Ubi-Camera ne ressemble vraiment en rien à l’Appareil Photo Numérique (APN) que vous avez l’habitude d’utiliser. Il s’agit ici d’un boîtier pas plus grand qu’une boîte d’allumettes, dépourvu d’écran LCD, de zoom ou encore de viseur. C’est un véritable condensé de technologies, bourré de capteurs, qui permet de réaliser un véritable fantasme : faire une prise de vue photo-numérique en reliant vos pouces et index pour former un cadre imaginaire. Imaginez la scène : nous sommes dans un futur proche -disons vos prochaines vacances- vous passez un agréable moment et il vous faut absolument immortaliser ce coucher de soleil qui fera sans doute pâlir d’envie vos collègues de travail restés coincés au bureau. Vous dégainez alors les mains des poches et c’est en formant un cadre avec les doigts, le plus instinctivement du monde, que vous prenez ce superbe cliché.
Il ne vous reste plus qu’à exporter votre photo vers un ordinateur et le tour est joué !

L’Ubi-Caméra sous tous ses angles
Le photographe acteur/réacteur
Si le processus de cadrage de l’Ubi-Caméra apporte surtout une réelle sensation de liberté, côté technique, les chercheurs de l’IAMAS se sont attachés à rendre l’expérience utilisateur la plus intuitive possible. Un capteur de distance en interne se charge, grâce aux infrarouges, de déterminer l’angle de votre photo, selon que votre visage se trouve éloigné ou à proximité du cadre formé par vos mains (plus vous êtes proche, plus l’angle est large). En parallèle, des récepteurs sensoriels vous permettent de provoquer le déclic photo à l’instant T, d’une simple pression du pouce sur le boîtier.
Selon Yoshimasa Furuyama, l’un des pères de l’Ubi-Caméra, les capacités de l’appareil ne sont pas encore exploitées à leur maximum. La justesse du cadrage pourrait notamment être améliorée si on la couplait avec un système de reconnaissance faciale, une solution plus performante et plus adaptée dans le cas, par exemple, d’une utilisation en extérieur...Mais c’est déjà pas mal, non ?
En évoluant de l’argentique vers le numérique à la fin du siècle dernier, la photo vivait sûrement l’une de ses plus profondes mutations en délaissant le support physique au profit d’un contenu dématérialisé et de haute définition. L’Ubi-Caméra pose cette question du rapport entre le photographe et ses nouveaux outils, et nous invite à appréhender par le corps, une certaine forme d’interaction entre l’Homme et la machine.
Lien :
- Le site de l’IAMAS (en anglais ou japonais)