Karotz, le lapin robot communiquant
© Mindscape
Monde virtuel Karotz
Les propriétaires de Karotz possèderont bientôt leur propre monde virtuel, à l’intérieur duquel ils pourront interagir. © Mindscape
Karotz en habit noir sur son dock musical
© Mindscape
Nabaztag le prédécesseur de Karotz
Un lapin oui mais surtout un robot intelligent. © Violet
Tux Droid et son ami le poisson
Tux Droid et son ami le poisson
Pingo mydeskfriend
Arimaz vous tient informé de tout ce qui se passe en ligne, sur Facebook et vos sites web favoris. © Amimaz
Un petit compagnon Facebook créé par une société suisse, Arimaz. Il vous tient informé de tout ce qui se passe en ligne, sur Facebook et vos sites web favoris. © Amimaz
Pingo mydeskfriend et ses fonctionnalités
© Amimaz
Wappy Dog
Prototype présenté lors du Toy Fair 2011 aux USA, fonctionnant seul ou en interaction avec un jeu dédié NDS. © Sega toys - Activision
Venus, le chat-robot
© Sega
WowWee Alive, les peluches robotiques
© WowWee
Le robot-chien Aïbo et son remplaçant Genibo
© Sony - © Dasatech
Pleo ou le dinosaure enfin domestiqué !
© Innvo labs Life Forms
Pleo en pleine action
Pleo réagit à votre comportement mais aussi tout seul… © Innvo labs Facebook Fan Page
Paro en compagnie d’une personne âgée ou l’inverse…
© PARO Robots U.S., Inc.
Paro, un robot bébé-phoque aux vertus thérapeutique
© PARO Robots
Karotz, le lapin pas crétin
Le Karotz est un animal bien étrange. Haut comme trois pommes, aussi mignon que le Pikachu des Pokémon, ce petit objet numérique en forme de lapin est doté d’un microprocesseur, d’une mémoire interne, d’une carte Wi-Fi, d’une autre RFID, d’une webcam, d’un haut-parleur, d’un micro et de ports USB. En d’autres termes, cette invention française est « le premier robot domestique intelligent », selon le slogan de l’éditeur de jeux Mindscape qui le commercialise et compte en livrer les premiers spécimens à partir de fin avril 2011. Très loin des célèbres Lapins Crétins popularisés par Ubisoft, le Karotz est un « objet communicant », inspiré du Nabaztag créé en 2005, et dont il constitue une nouvelle version boostée en technologie.
La fonction première de ces objets dits intelligents est d’offrir un accès convivial et ludique à l’univers de la Toile, sans avoir recours à la machinerie parfois rigide de l’ordinateur. Le Karotz sert très facilement de téléphone et permet de visualiser à distance notre intérieur domestique. Sur un autre registre, il a été conçu pour « faire parler l’Internet » : grâce à sa voix de synthèse, il verbalise à notre convenance des actualités, des informations ou des flux RSS. Il offre par ailleurs la possibilité de diffuser des programmes radios et nos listes de lecture MP3. Plus original : Karotz sait mieux que personne capter l’attention des enfants lorsqu’il leur lit un livre. Enfin, grâce à son système de puces RFID, il nous permet de connecter nos objets quotidiens à l’infinité des informations disponibles sur le Web. Chaque matin, approchons de notre Karotz notre tasse de café, préalablement équipée de sa puce, et le petit robot nous diffusera instantanément la revue de presse de notre journaliste préféré ou les derniers tweets de nos amis. Approchons notre trousseau de clés, notre parapluie ou notre portefeuille, tous équipés eux aussi de leur puce, et notre animal numérique et domestique nous livrera, au choix, la météo du jour, notre agenda de la semaine ou nos derniers courriels.
Smart companion et robots sociaux
Le Karotz se veut l’un de nos nouveaux smart companions, du nom de ces objets intelligents destinés à nous accompagner et nous aider dans notre vie quotidienne. Il est à ce titre le cousin du feu Tux Droid, qui ressemble comme un frère au pingouin-mascotte de Linux. Dans un genre moins animalier, il est proche de la lampe d’ambiance Dal:dal ou du plus précieux Mir:ror, deux objets communicants édités par la société Violet, créatrice du Nabaztag, le e-lapin d’avant notre Karotz.
De façon plus générale, le succès du Nabaztag et celui, probable, de Karotz, attestent d’une mutation profonde de la technologie, du jeu vidéo et de la robotique vers une forme animalisée, avec laquelle nous pouvons interagir de façon aussi sensible ou presque qu’avec nos animaux domestiques.
Depuis la seconde moitié des années 2000, les concepteurs de jeu et les firmes technologiques ont en effet lancé une série de robots à l’effigie de nos animaux préférés, comme le chat Venus, le chien Husky Puppy, le plus célèbre canin Aïbo ou pourquoi pas le charmant dinosaure Pleo. Entre doudou, peluche et jouet télécommandé, ces robots répondent à nos caresses, à notre voix ou au moindre de nos ordres, aussi aisément que le plus docile des Grosminet.
Au-delà du simple jouet, ces robots possèdent parfois des vertus thérapeutiques, à l’image de Paro, représentant un charmant petit bébé phoque. Ce « robot social » est ainsi utilisé au Japon auprès des personnes âgées et malades, afin de réduire leur stress et de faciliter leurs relations avec le personnel soignant.
Pièges affectifs et machines de compagnie
Que l’on évoque le tendre et ronronnant chat Venus de Sega, notre ami connecté Karotz ou les plus anciens Tamagotchi, ces nouveaux objets technologiques sont ce que le philosophe français Dominique Lestel appelle des « machines de compagnie et de loisir ». Selon l’auteur de L’animal est l’avenir de l’homme (Fayard, 2010), ces nouvelles « interfaces interlocutrices » constituent des « pièges affectifs », avec lesquels nous devons apprendre à vivre et à dialoguer. Il explique dans ses livres comment ces objets, ajoutant aux capacités de smartphones des attributs de vrais animaux, remettent en cause notre relation au vivant.
Par le passé, dit Dominique Lestel, « l’homme s’est développé avec l’animal, nous sommes devenus humains à travers nos relations avec l’animal. (…) L’une des grandes questions qui m’intéresse est donc de savoir dans quelle mesure le processus évolutionniste de l’homme est relancé grâce à ces nouvelles relations que nous entretenons avec ces machines pensées pour susciter en nous le même type de sentiments et d’attitudes. Autrement dit, dans quelle mesure ces artefacts animalisés nous permettent-ils de devenir humain autrement ? ». Soit une interrogation digne de romans et films de science-fiction, mais que nous posent dès aujourd’hui ces Karotz, Aibo, Paro et autres Venus dans notre quotidien.
Liens :
- Une conférence de Dominique Lestel sur L’animalité à venir :
vimeo.com/channels/erg#20677501
- Le site officiel du Karotz
www.karotz.com
- Nabaztag, le premier lapin communicant
www.nabaztag.com
- Une vidéo du TuxDroid en action
www.dailymotion.com/video/x86sy5_tux-droid-un-pingouin-intelligent_tech
- Tuxdroid-community
www.tuxdroid-community.net
- Pingo mydeskfriend
www.arimaz.com/mydeskfriend/index9b69.html?sl=FR
- Pleo
www.pleoworld.com/Discover/LookInside.aspx
- Paro
www.parorobots.com
- Une publicité japonaise pour le chat robot « Venus ».
www.youtube.com/watch?v=MNPHzSWrnAU
- Les peluches robots WowWee
www.wowwee.com/en/products/toys/plush/alive
- Les robots animaux sur RobotBlog
www.robotblog.fr/category/animaux