Jusqu’ici cantonnée à la fabrication de matériel de montage et de post-production cinématographique, la société Blackmagic Design débarque sur les plateaux avec une caméra novatrice : la Cinema Camera. Pratique, accessible et bouleversant les captations de lumière, cette dernière redéfinira sans doute la façon d’envisager les tournages.
Red et Canon ou l’organisation bicéphale du tournage numérique
C’est un fait : dans le processus de création cinématographique, le numérique a désormais pignon sur rue. Baisse des coûts, facilité de logistique et post-production plus malléable sont autant de raisons qui ont poussé l’industrie du 7ème art à abandonner la sacro-sainte pellicule et les lourdes caméras qui la font défiler.
Dans cette course à la « praticité », deux protagonistes se sont distinguées : la société Red, dont les caméras Scarlet et Red One ont été utilisées sur les plateaux de Prometheus et Bilbo le Hobbit ; et Canon, avec son 5D Mark II, appareil photo détourné (notamment pour le film Rubber), en attendant la sortie imminente de la caméra C300. Néanmoins, le chemin vers la démocratisation de la caméra reste difficile : quand l’entrée de gamme des Red est à 12 000 €, le 5D Mark II demeure un appareil photo aux fonctionnalités cinématographiques « limitées ».
Blackmagic Cinema Camera : kind of… magic ?
A moins que la Cinema Camera de Blackdesign ne vienne redessiner les contours du cinéma numérique. Grosse sensation du dernier NAB à Las Vegas, et annoncée au prix compétitif de 3 000 €, la caméra de Blackdesign n’a pour autant rien à envier à ses aînées : un capteur haute résolution de 2,5K pixels, un boîtier adaptable aux meilleurs objectifs (Zeiss, Canon) ainsi que des fichiers RAW stockés sur un enregistreur SSD intégré, compatibles avec le logiciel de montage professionnel Avid. De plus, un écran tactile permet de se passer d’un moniteur : toutes les données nécessaires au suivi du tournage pouvant être enregistrées depuis ce même écran.
Une haute qualité technique pour une caméra raisonnable financièrement, garantissant à Blackmagic Design un double positionnement (première du genre !) sur le marché professionnel et sur le ludique. Sans oublier l’indéniable beauté épurée de l’objet.
Joue-la comme Sofia Coppola
Mais l’argument principal et novateur de la Cinema Camera : sa gamme de treize arrêts dynamiques, transforme la technique en émotion. Nul besoin de maîtriser les opaques règles d’étalonnage sur son banc de montage : lors de la captation de l’image, la Cinema Camera retraite l’image en direct et vous permet une correction colorimétrique en plein tournage grâce au logiciel.
Comprenez, les treize arrêts dynamiques débouchent les ombres et aplanissent les couleurs trop éclatées et ce même en intérieur, conférant à votre cadre une image très « Sundance », faite de tons doux et pastel, sans aucun éclairage additionnel. Un rendu digne des meilleures publicités lifestyle. Autant d’attributs qui feront que la Cinema Camera deviendra la nouvelle coqueluche des aficionados de la caméra portative. Red et Canon sont prévenus.