Dans les rames bondées du métro de Tokyo, les Japonaises en tenue d’écolières ou en tailleur pastel ne quittent plus des yeux les minuscules écrans de leurs smartphones ou de leur console Nintendo DS. Elles s’adonnent toutes aux « Otome games », c’est-à-dire à des jeux vidéo pour « jeunes filles ».
Serez-vous sensible aux fantasmes des jeunes Japonaises ?
Le pitch est simple : une héroïne adolescente se retrouve parachutée dans un univers virtuel, conçu dans l’unique but d’y satisfaire les fantasmes amoureux de la joueuse. Qu’elle doive sauver le monde, enquêter sur un mystère, ou tout simplement simuler un quotidien de rêve, l’intrigue n’est qu’un prétexte à des interactions nombreuses et romantiques avec les différents protagonistes mâles du jeu vidéo. Sur console, sur smartphone ou sur les versions dédiées aux réseaux sociaux japonais, l’intérêt véritable de ces « Otome games » réside en effet dans le harem de prétendants que chaque jeu offre aux joueuses. Looks, personnalités, goûts, ou encore histoire personnelle, les héros masculins affichent des caractères assez stéréotypés, qu’on retrouve dans les mangas : le « prince » c'est-à-dire le premier de la classe séducteur et gentleman, la brute au grand cœur et ses impressionnants biscotos, le ténébreux tourmenté, ou encore, plus étrange, le « petit frère » mignon… Il n'y a plus qu’à choisir selon ses préférences !
Ces fantasmes pourraient-ils séduire les joueuses françaises ? Difficile de se faire une idée, car la quasi totalité de ces « Otome games » ne sont pas traduits. On peut toutefois essayer avec ceux en version anglaise. Par exemple Yo-Jin-Bô : the Bodyguards, sorti sur PC et Playstation 2 il y a cinq ans. Car même s’il date un peu, il est représentatif du genre : des samouraïs aux coupes de cheveux bariolées se disputent vos faveurs, à vous, jeune fille prude mais émoustillée… Sur iPhone, tentez aussi de faire du gringue aux corsaires de Pirates in Love, aux chevaliers médiévaux mais sexy de Shall we date? : Heian Love ou encore aux cavaliers plus contemporains de Shall we date? : KONKATSU et voyez si ça marche...
Un jour mes princes viendront…
L’aventure peut prendre plusieurs formes. Les plus austères écrans textes font penser à un manga interactif dans lequel on choisit ce que l’héroïne va dire à tel ou tel personnage, tandis que les plus originaux proposent des épreuves variées. L’un des plus intéressants, sorti récemment au Japon et disponible bientôt aux Etats-Unis, est Hakuouki 3D et ses vampires samouraïs, ou la folie Twilight adaptée sur Nintendo 3DS à l’art des premiers émois amoureux nippons.
Princess Debut le Bal Royal, pour Nintendo DS, l’unique « Otome game » sorti en France, s’inspire des jeux musicaux. Ce jeu que n’aurait pas renié Stéphane Bern mélange des épreuves de danse de salon et des amourettes à la cour du roi grâce à six princes et un lapin !
Tous ces jeux suivent scrupuleusement deux préceptes : jamais de sexe car les titres sont tout public et une difficulté peu élevée pour ne frustrer personne. La partie, en général assez courte, est gagnée lorsque la joueuse a obtenu de l’objet de son amour une déclaration enflammée et accessoirement sauvé le monde... mais souvent c’est le prince charmant désigné qui s'y colle. Et cerise sur ce gâteau vidéoludique, la quantité de prétendants toujours célibataires à la fin de la partie invite chacune à multiplier les expériences et à rejouer l’aventure amoureuse à l'infini...
Liens :
- Un blog avec des chroniques en français sur les Otome games
- Une liste des Otome games disponibles en anglais
Parce qu'on peut être une geekette enthousiaste et amoureuse des mondes virtuels sans renier la princesse qui est en nous, Pia conjugue sa passion pou...