« Où habitez-vous vraiment ? »… Cette interrogation est le titre d’un test réalisé par les Orange Labs et le magazine Owni. Tout d’abord, vous vous dites : « Mais bien évidemment que je sais où j’habite ! »… Puis vous répondez aux 16 questions du test. Et là, face à vos résultats, vous souriez et vous commencez à comprendre l’intérêt de l’exercice. Car il y a de très fortes probabilités pour que votre perception de la ville ou du département où vous logez soit bien différente de ce qu’en disent les statistiques officielles des pouvoirs publics !...
Avez-vous le sentiment que le temps est plutôt très clément chez vous ? Pensez-vous qu’il y a dans votre département moins de cambriolages qu’ailleurs en France ? Quelle est votre estimation sur la proportion de personnes d’origine étrangère ou la quantité de logements vacants dans votre département ? Avez-vous une idée du nombre de médecins généralistes ou de chambres d’hôtels disponibles dans votre ville ?
Le test vous demande de répondre en rapport à la moyenne nationale, de « - - » à « ++ » en passant par « - », « = » et « + », selon votre pessimisme ou votre optimisme par rapport à la réalité des données publiques ouvertes et disponibles sur chaque thème. Illustration : vous êtes convaincu que votre département est mal équipé en équipements sportifs. Vous cochez la catégorie « - ». Surprise lorsque vous consultez les résultats : votre département est bien mieux équipé que la moyenne française et mérite en vérité un « ++ » en la matière… Au final des 16 questions, vous obtenez donc une note de bonne ou mauvaise connaissance de votre lieu de vie. Il se peut, par exemple, que vos réponses correspondent très précisément à la « réalité » de l’Ardèche, alors que vous vivez dans l’Orne… C’est curieux, non ?
Certes, mais quel est le sens de ce test et quel rapport avec ce drôle de terme : Open data ?
Posez-vous une nouvelle question : si vous aviez eu accès aux données sur le prix de l’eau et de l’électricité, le taux de criminalité, le niveau de pollution ou encore les frais des élus de votre cité ou de votre quartier, quel aurait été votre opinion sur votre lieu de vie ? Il se trouve que ces statistiques-là commencent tout juste à devenir accessibles grâce à la démarche de villes pionnières comme Rennes et au portail national lancé par l’État en décembre dernier. L’Open data, justement, c’est l’ouverture à tous les citoyens des données que récoltent l’Etat, les collectivités locales voire les entreprises de service public. C’est un enjeu de démocratie. Mais c’est aussi un enjeu pratique, à même de changer notre vie quotidienne. À Rennes, l’ouverture des données a permis de créer Handimap, carte sans cesse mise à jour et véritable « boîte à outils d’aide à la mobilité des personnes handicapées ou à mobilité réduite ». Plus fort : à Montréal, de l’accès aux données recueillies par les instances de protection sanitaire de la ville est né Resto-Net, une application pour choisir son restaurant sur des critères non seulement de prix ou de gastronomie mais de l’ordre de l’hygiène de sa cuisine…
Voilà pourquoi le laboratoire de sciences humaines et sociales d’Orange et ses partenaires (Owni, la Fondation Internet Nouvelle Génération et la société EverydataLab s’intéressent à ce concept d’Open data et aux changements économiques et sociaux qu’il produit et ont donc décidé de sensibiliser les internautes à ses enjeux. Et vous, une fois le test fait, qu’en pensez-vous ?
Liens :
- Une carte de l’open data en France
- La plate-forme française d'ouverture des données publiques (Open Data) créée par le gouvernement français fin 2011
- Celle, plus ancienne, du gouvernement britannique
- Palmarès d’un concours d’application sur l’Open data à Rennes
- Le site de l’application Isokron, qui, grâce à l’Open data, permet de déterminer la zone accessible par les transports en communs dans un écart temps donné depuis une adresse à Rennes et à Paris.
- Un article du site Internet Actu sur le sujet
- Un article réalisé par le magazine Owni sur l’Open data